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LES TERRES CONNUES D'ABIOLLON Tome 1 : L'HÉRITAGE D'IFAN


Dans un monde majoritairement peuplé par des humains, Elvenir, un firbolg, voyage en espérant retrouver d’autres membres de son peuple. C’est à Tiren-Lame, la capitale des Royaumes Fluviaux, qu’il va faire une rencontre avec un esprit ancien convaincu de pouvoir l’aider. Sans savoir dans quoi il s’aventure, Elvenir va accepter et se retrouver à partager son quotidien avec différents compagnons, mettant fin à sa longue vie de solitaire. Entre mystère, trahison, humour, manipulation et compassion, découvrez l’épopée d’un être plein d’espoir.





Prologue


Le sol était froid. Il sentait une flaque sous ses jambes, probablement son propre sang, mais il était impossible d’en être certain sans lumière. Les assassins avaient éteint les torches avant de frapper. Ça n’avait pas été une bataille, mais un massacre. Il n’avait pas pu aider ses compagnons ni même se défendre. Seul le bruit des coups et des cris avait été audible. Pensant tous les avoir tués, les attaquants étaient finalement partis. Maintenant, seule la mort l’attendait.

Tout à coup, il perçut une lumière venant de l’un des tunnels. Cette dernière se rapprochait de leur caverne.

— Par ici, dit une voix humaine fatiguée. Je les ai trouvés… Quelle horreur !

L’homme qu’il voyait approcher était un vieillard. Il était vêtu d’une tunique et d’un pantalon en cuir et tenait dans sa main une épée illuminée qu’il brandissait tel un flambeau. Il tourna sur lui-même découvrant la scène, le visage horrifié, avant de s’arrêter sur l’unique rescapé.

— Il y a l’air d’avoir un survivant ici, dit-il en s’agenouillant.

Le vieillard toucha le torse du rescapé. Des balafres énormes laissaient s’échapper un flot ininterrompu de sang. Le blessé sentit le contact de l’humain sur sa peau et retint une grimace.

— Ça va aller mon gars, rassura le vieillard souriant.

Le survivant peinait à rester concentré sur le visage de l’humain. Ses pensées divaguaient. Il savait qu’il perdait pied. Il aperçut une autre personne qui se tenait derrière le vieillard, les bras croisés sur une toge vert pâle. Il tenta de parler, mais seul un gargouillis sortit de sa bouche.

— Il n’en a plus pour longtemps, grimaça l’ancien.

— C’est vraiment une boucherie, dit l’autre en contemplant froidement le spectacle autour de lui. On avait raison de suivre cette piste, ils nous avaient bien précédés.

Cette voix était humaine elle aussi. Mais si la première appartenait clairement à un vieillard, celle-ci était celle d’un homme d’âge mûr, plus assuré. Une troisième silhouette se tenait dans l’ombre derrière le nouvel arrivant. Ils n’avaient pas l’air d’être là pour l’achever.

— On ne peut vraiment rien faire ? demanda le vieillard d’un ton désespéré, en relevant la tête vers son compagnon. Si on le perd lui aussi, c’est foutu.

— Je ne sais pas… J’ai peut-être un plan, mais je ne suis pas sûr qu’il peut fonctionner, répondit-il, pensif.

— Tu as un autre plan ? Je doute qu’il puisse nous aider dans cet état, dit-il en regardant le blessé.

— Je pense pouvoir le contenir avec l’aide de Loremel.

Le blessé comprit que les deux humains débattaient de l’entité, mais, hélas, il lui était impossible de les avertir du piège qui devait les attendre.

— Je dois t’accompagner, je refuse de rester sans rien faire, dit le vieillard en se relevant et en époussetant sa tenue.

— Je suis désolé, mon ami, mais sur ce coup-là tu vas devoir survivre pour nous deux, rétorqua-t-il en lui tendant quelque chose.

Le blessé ne parvint pas à voir de quoi il s’agissait. Il avait déjà suffisamment de mal à rester éveillé. Il savait qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps, et il ne comprenait pas ce que ces deux humains comptaient faire.

— Tu es sûr ? Il est tellement important pour toi.

— Je sais que tu en prendras soin et ça t’en fera un de plus à ta collection, répondit le jeune.

— Ses pouvoirs sont bien plus forts que les tiens, s’inquiéta l’ancien.

— Je sais bien. Mais je me connais et je connais ses faiblesses, répondit le plus jeune, des deux, confiant.

— Et pour les assassins ?

— Je ne crains pas les Ombres, rassura-t-il. Par contre, veille sur le petit de Lupin. Je ne suis pas sûr de pouvoir tenir ma promesse.

— Bon courage, mon ami, dit le vieillard inquiet.

— Merci à toi aussi, Astior, dit l’homme en vert, avant de se rapprocher du survivant.

L’humain attrapa le blessé et souleva le corps massif, non sans difficultés.

— Allez courage ! Je ne vais pas te laisser mourir ici, dit-il, peinant sous la charge. On va t’aider à t’en sortir et tu me rendras la pareille le jour venu, j’en suis certain. Loremel, aide-moi s’il te plaît.

L’humain sourit au blessé qui tenta de lui rendre la politesse alors que ses yeux se refermaient une dernière fois. Il eut juste le temps de percevoir deux nouvelles mains, l’attraper, avant qu’il ne perde connaissance.


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